Des branches

réflexion

Quand un arbre s’essouffle, il est bon de l’élaguer un peu. Pour la vie, c’est pareil. Quand on n’y voit plus très clair, on dé-branche…

Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion de pas mal réfléchir. À mes attentes, mes frustrations, mes envies, ce genre de choses. J’ai lu quelques articles intéressants, découvert des personnalités inspirantes, analysé ma vie telle qu’elle est aujourd’hui, plus très loin de la veille de mes 40 ans. Et un constat s’est imposé assez facilement, celui de la nécessité de revenir à des choses simples. De laisser le superflu, l’inutile et l’anxiogène de côté pour se concentrer sur l’essentiel. Retrouver mes bases. Élaguer. Dé-brancher.

Ça a commencé par un ras-le-bol. J’en ai soudainement eu assez de mon mur d’actualités Facebook. Entre les publications d’amis tellement éloignés qu’ils ne le sont pas vraiment, et avec qui je n’ai rien en commun, les publicités, les messages engagés des révolutionnaires en fauteuil et les photos de regardez-ma-vie-comme-elle-est-jolie, j’en ai eu marre. Pas au point de me désinscrire (Facebook reste un carnet d’adresses très pratique et un bon moyen de communication via Messenger), mais tout de même, j’ai senti le besoin de réagir.

En fait, toute cette agitation ne m’intéresse pas. De ce point de vue, je n’ai pas eu grand-chose à changer à ma manière d’être jusqu’ici : mon activité sur Facebook était déjà proche de l’électroencéphalogramme plat, et Twitter… j’ai essayé, au moins trois fois, mais décidément non. Il m’arrive encore de poster quelques images sur Flickr ou de contribuer à un forum de photo, mais c’est presque anecdotique. Et pourtant, j’ai ressenti un besoin d’encore moins… Qui paradoxalement, se traduit par la résurrection de ce blog. Un truc avec du contenu, qu’on prend le temps d’écrire et de lire. Et si vous voulez réagir, désolé, pas de formulaire de commentaires : ça se passera à l’ancienne, par courrier électronique.

J’ai donc commencé par faire un peu de ménage dans ma vie en ligne, même si elle était déjà assez mince… Nettoyage du fil d’actualités Facebook, abandon de services qui ne me servaient à rien, désabonnement des newsletters, nettoyage drastique des favoris… Voilà qui fait déjà du bien, mais qui est loin d’être suffisant… Pour y voir plus clair, j’ai également entamé un nettoyage de certains biens physiques : matériel informatique et photographique, livres, etc.

Désencombrer, diminuer les sollicitations, ne plus avoir constamment le nez sur son fil d’actualités, sa boîte mail ou sur les sites d’info, c’est fou ce que ça peut libérer l’esprit et dégager du temps…

Il y a encore quelques mois, si on me demandait quelles étaient mes passions dans la vie, j’avais un peu de mal à répondre. J’avais des activités, comme la photo, dans lesquelles j’espérais progresser, mais je rechignais à y accoler le terme de « passion », pour la simple raison que je ne parvenais pas à y consacrer le temps et l’énergie souhaités. En plus, au-delà de la maîtrise technique du processus, j’étais bien en peine d’expliquer pourquoi et comment je vivais ma passion pour la photo. Il y avait finalement de l’attrait, de l’envie, de la curiosité, mais aussi beaucoup de frustration dans tout cela. Avec toujours l’impression de manquer de temps.

À la faveur de quelques lectures et d’expériences personnelles, j’ai compris à quel point je pouvais choisir de perdre ce temps dans des choses qui finalement n’ont pas d’intérêt, sur lesquelles je n’ai pas de prise et qui ne n’apportent rien de positif. J’ai redécouvert le plaisir de pouvoir se concentrer vraiment sur ce que l’on choisit de considérer comme important. Et d’en faire sa ou ses passions.

Aujourd’hui, tout cela commence à être plus clair. Peu à peu, l’horizon se dégage.

À présent, je pense être en mesure de déterminer les 4 passions auxquelles je suis attaché :

  • La photographie (en sachant de mieux en mieux comment et pourquoi) ;
  • La lecture (et là encore, un grand nettoyage de ma bibliothèque est prévu très prochainement) ;
  • L’écriture (d’où la renaissance de ce blog, en sachant mieux comment et pourquoi) ;
  • Le temps passé avec mes proches, car c’est le plus important dans une vie.

Le reste (le tumulte en vase clos et sans intérêt des réseaux sociaux, les dérives des médias qui font la course au clic pour quelques miettes de revenus publicitaires, la course permanente à l’autopromotion et à la reconnaissance virtuelle, l’hyperactivité juste pour se sentir important…), franchement, je préfère le laisser à ceux que ça intéresse et qui ont du temps et de l’énergie à y perdre. Au lieu de faire de la mousse dans ce grand bain avec tous les autres, je préfère largement me retirer du jeu. Histoire d’avoir vraiment des choses à partager, principalement avec ceux qui comptent le plus pour moi.

Les passions évoqués plus haut, ce sont les branches maîtresses de l’arbre qu’est ma vie. Si d’autres branches doivent pousser, elles le feront à partir de celles-là. Le reste, les pertes de temps et d’énergie, tout cela aura droit à un bon coup de sécateur…