Bois coupé, bois debout, Lierneux, 1980

Des racines

inspiration, photographie

J’ai, stockés sur des bibliothèques de mon grenier, des dizaines et des dizaines d’albums photo, ainsi que pas mal de boîtes de négatifs.

Toutes ces photos sont celles de ma grand-mère, décédée en 2013. Elle vivait littéralement avec son appareil autour du cou, et il ne fait aucun doute que si je m’intéresse à la photo, c’est en grande partie grâce à elle. Il y a de tout, dans ces albums. Des photos de famille, bien sûr, des photos de voyage et d’excursions, mais aussi des paysages locaux, l’évolution du village, la vie des gens du coin. Dans un sens, ma grand-mère a été la mémoire photographique de la famille, mais aussi du voisinage. L’ironie du sort à voulu qu’elle parte avec la maladie d’Alzheimer…

Je me suis dit que tout cela méritait bien une sorte d’hommage.

Je me souviens, à l’époque, de ce que les photos de ma grand-mère représentaient pour nous. Après chaque voyage, chaque excursion, chaque événement familial ou balade en forêt, nous étions heureux de découvrir les photos qu’elle avait prises, soigneusement rangées dans un album, assorties parfois de quelques commentaires taquins. Il fallait souvent attendre quelques semaines avant de voir le résultat, mais cela valait toujours la peine. Puis les albums étaient rangés dans une grande armoire, et l’on pouvait s’y replonger quand l’envie nous prenait. C’était toujours amusant de se revoir petit, de se remémorer des moments agréables, de redécouvrir sur papier des visages perdus de vue… Et de partager ça en famille.

La photo qui illustre ce billet est donc une photo prise par ma grand-mère dans les forêts du village de mon enfance. Un des paysages qui m’ont vu grandir, en somme. Et une image qui a pu aussi influencer ma façon d’aborder la photo, sans doute. Plus prosaïquement, une photo que j’aime beaucoup. C’est sans aucun doute aussi la première d’une longue série. Au fil des semaines qui viendront, j’ai l’intention de reparcourir les quelques dizaines d’albums familiaux en ma possession, et d’en extraire quelques-unes des photos qui me touchent, me parlent, etc. pour les publier ici. Et pourquoi pas aussi, refaire tirer quelques négatifs ?