Immatériel

photographie, réflexion

En bon photographe amateur, j’ai amassé au cours de mon parcours une quantité innommable de matériel. J’en ai également revendu une bonne partie. Ça va, ça vient, mais le matériel, dans le fond, est toujours une source de frustration. Raison de plus pour s’en détacher le plus possible.

S’il est une chose avec laquelle j’ai de plus en plus de mal dans les réunions de photographes (amateurs ou non), ce sont bien les incessants palabres autour du matériel utilisé par les uns et les autres. Je n’y vois plus guère que la version «photo» des concours de qui a la plus grosse et qui s’en sert le mieux. Une façon d’affirmer son statut social, la taille de son portefeuille, le temps libre dont on dispose…

Je suis passé par là aussi. Il m’arrive encore de parler de ce que j’utilise pour prendre des photos, mais je me soigne. Dans le fond, tout le monde s’en fout, tant que la photo est bonne, et que la prendre a plu au photographe. Qu’importe donc si elle a été prise avec un appareil daté et d’entrée de gamme, une optique de kit ou une vieille occase trouvée en brocante pour une bouchée de pain.

Je laisse volontiers la course à l’armement technologique aux professionnels : eux ont réellement besoin d’un équipement qui correspond à des standards et qui leur apporte un confort de travail optimal. Pour ma part, avec toutes les vieilleries qui traînent, j’ai largement de quoi m’amuser et réaliser les projets que je souhaite. Pour ce qui est de la qualité d’image, ce n’est pas demain la veille que j’imprimerai en 2m sur 3… Et pour le reste, tant mieux s’il faut bricoler des trucs improbables et jouer avec les contraintes, c’est d’autant meilleur pour la créativité !