Un pas de côté

réflexion

C’est l’histoire d’un type qui en avait marre d’être sans cesse distrait…

J’ai plongé assez tôt dans le bain d’Internet. Mon côté geek m’a poussé très vite à être actif en ligne, lors des balbutiements de ce qu’on a appelé pompeusement le « web 2.0 ». Je faisais partie de diverses communautés créatives, j’ai créé plusieurs sites web, je me suis amusé avec Linux bien avant qu’Ubuntu n’existe, j’avais de temps en temps quelques discussions animées sur IRC… Ça m’a permis d’avoir quelques potes dans différents coins de la planète, au Canada, aux États-Unis, en Europe de l’Est… C’était plutôt sympa. Mais finalement qu’en reste-t-il ? Déjà, sur la fin, je sentais que j’y perdais trop de temps, et je me suis peu à peu retiré de la vie en ligne.

Quelques temps plus tard, le web « communautaire » est arrivé. Facebook, Twitter, LinkedIn et les autres. Les réseaux sociaux, j’ai eu l’occasion de les observer et de les essayer en tant que chercheur en communication. Il était juste impensable, avec un job en lien direct avec les médias, de ne pas y être au moins présent, si possible actif. Je me suis donc inscrit sur ces différents réseaux, comme pas mal de monde j’ai utilisé Facebook pour retrouver la trace de vieux potes perdus de vue, je me suis construit un profil LinkedIn pour développer un réseau professionnel, j’ai essayé d’autres trucs, aussi…

Tant que c’est nouveau, c’est assez amusant. Puis un jour, vous découvrez qu’avec vos 200 amis Facebook, votre fil d’actualités est rempli de :

  • photos de vacances des personnes que vous n’avez plus vues depuis plus de 10 ans ;
  • photos de personnes qui vous montrent à quel point leur vie est belle ;
  • check-in Yelp ;
  • partages de pages de blagues et de trucs avec des chats ;
  • invitations à des jeux en ligne ;
  • personnes qui vous racontent à longueur de statut à quel point leur vie est moche et compliquée ;
  • débats de politique de comptoir totalement stériles ;
  • propos racistes ;
  • personnes qui font constamment leur autopromotion professionnelle ;
  • publicités plus ou moins ciblées ;
  • vidéos de chansons, trailers de films ;
  • messages bienveillants, souvent accompagnés d’images très zen ;
  • chaînes idiotes systématiquement suivies de « partage si tu es d’accord » ;
  • propagande religieuse et politique ;

… Et j’en passe…

Alors on essaye de mettre de l’ordre, avec les outils disponibles. Mais fondamentalement, ça ne s’arrête jamais : les nouvelles de vos amis vous submergent jour après jour, chaque information noyant dans la masse la suivante, dans une sorte de grande compétition où chacun essaye de capter l’attention de ses amis…

Je n’ai jamais été très présent ni très actif sur Facebook, et ces dernières semaines, le simple fait de consulter les nouvelles sur mon mur était un agacement : j’y passais deux minutes, puis je fermais l’onglet ou l’application. Mais le simple fait que Facebook soit facilement accessible (en favori, ou pire, en appli sur le smartphone !) pousse à le consulter… J’ai donc pris quelques contre-mesures, dont la moindre n’est pas d’avoir purement et simplement désinstallé l’application Facebook de mon téléphone. J’ai également supprimé le favori Facebook de mon navigateur web. Désormais, aller sur Facebook est pour moi plus fastidieux, et rien que cela me montre à quel point je peux m’en passer. Et me fait d’autant plus apprécier le temps et l’attention que j’ai pu y gagner.

Reste à voir à quoi je vais pouvoir consacrer cette nouvelle disponibilité d’esprit…